Mers mortes – Aurélie WELLENSTEIN

Quatrième lecture pour le Primtemps de l’Imaginaire. Un autre Aurélie Wellenstein. Dès que je l’ai vu, je lui ai sauté dessus ! ^^ Il a tenté de s’enfuir, en vain le malheureux.

« Mers et océans ont disparu. L’eau s’est évaporée, tous les animaux marins sont morts. Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines… arrachent l’âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l’humanité, peuvent les détruire.
Oural est l’un d’eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu’il protège depuis la catastrophe. Jusqu’au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme. Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes… De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l’objectif de ce dangereux périple.
Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?« 

Cette seule phrase : « Mers et océans ont disparu » aura suffi pour éveiller ma curiosité ; les marrée fantômes, les spectres d’animaux marins ont fini de me convaincre, et en plus on parle d’un ennemi qui, peut-être, serait capable de sauver le monde. Rien à dire j’embarque ! Ce résumé plutôt efficace (sur moi, en tout cas) est fidèle à l’histoire. Il en serait presque parfait, presque… Léger détail : Oural ne protégeait pas vraiment le bastion depuis la catastrophe, mais plutôt depuis le plein éveil de ses pouvoirs.
L’illustration m’a un peu rappelé « Le dieu oiseau ». On reste dans les tons sombres, le gris et le noir. J’aime bien, même si ça n’inspire pas forcément confiance. ^^ Il faut dire que le seul élément coloré, le mignon petit dauphin, ne respire pas la sainteté. Un truc fantomatique en volutes de vert et de noir… Bof. Je ne sais pas vous, mais si j’en croise un comme ça en me baignant, je m’empresse de regagner le rivage ! ^^ Ça m’a rappelé la matière toute glauque qui s’échappe de la bouche des possédés dans « Outcast », et du coup c’est bien joué.

Mon avis sur ce livre ne différera pas beaucoup du précédent, et cette fois, c’est obligé, je vais vraiment suivre cette auteure. Je l’ai lu en… trois jours. C’est terriblement immersif ! Impossible de le lâcher et lorsque j’ai dû me résoudre à le faire : je ne pensais qu’à ça ! Du coup, pas le choix, pour me libérer, le finir était la seule solution. J’en aurais presque regretté d’avoir une vie sociale, de fêter mon anniversaire en plein milieu, et d’avoir besoin d’un minimum de sommeil.
L’univers est moins sombre que celui du dieu oiseau, l’ambiance moins lourde, et pourtant… pourtant l’auteure touche à notre propre culpabilité (même si je suis totalement incapable de tuer ne serait-ce qu’une sardine). Les humains souffrent, les humains meurent, mais c’est de leur faute : c’est de notre faute. Car oui, là où ça devient vraiment bouleversant, c’est quand la fiction rejoint la réalité. Nous commettons les mêmes crimes, ça existe pour de vrai, et le livre ne nous épargne rien. Les pertes humaines m’ont attristé, mais à côté des massacres de requins, de familles de dauphins, de baleines, d’otaries… Disons qu’on pardonne sans trop de soucis la vengeance de ces esprits en colère. C’est d’autant plus cruel que ce sont eux, qui nous racontent leurs calvaires passés.
Pourtant, au début, j’avoue m’être fait piéger ; emprisonnée au même titre qu’Oural dans le cocon protecteur, mensonger et étriqué que les habitants du bastion avaient volontairement créé autour de leur précieux sauveur. Je n’avais vu, dans ces spectres d’animaux marins, que de simples apparitions destructrices dénuées de sentiments. Je suis heureuse qu’on m’ait détrompé, surtout que ces esprits sont plutôt bien exploités et ne s’arrêtent pas au vol d’âmes. On a la joie (ou pas ^^) de rencontrer quelques charmantes créatures, plus ou moins humaines, plus ou moins animales, plus ou moins… vivantes… ^^

Aurélie Welleinstein a un véritable talent. J’aime beaucoup ses personnages : ils sont réels, ils sont justes, je prends beaucoup de plaisir à les lire et à les voir évoluer, que ce soit les principaux ou les secondaires dont on découvre l’histoire petit à petit. Elle se sert d’ailleurs judicieusement des membres d’équipages pour nous narrer les lendemains de la catastrophe, l’évolution et l’organisation de l’humanité juste après la disparition des océans et de leurs habitants (le récit a lieu quelques années plus tard).
J’ai beaucoup aimé Oural, dès les premières lignes, après tout, nous partageons le même syndrome du sauveur… ^^ J’adore l’ironie qui entoure ce personnage ! On part avec un héros libre, respecté, presque vénéré, mais pourtant prisonnier. C’est en croyant perdre (à juste raison) sa liberté, qu’il apprend réellement à s’en saisir. Mais il n’y arrive pas d’un seul coup : il se trompe, il le comprend, et a le courage de faire demi-tour. On ne pouvait pas me faire plus plaisir ! Je l’ai pourtant pas mal sous-estimé au tout début, la faute de sa garde du corps, je pense, qui le couvait de très près (de très très près… ^^). Elle me l’a fait imaginer comme une petite chose fragile, mais il prend très vite les choses en mains et n’hésite pas à se battre pour les siens. Bon, après, il est nul en bagarre, il est nul en bagarre, ça arrive… ^^ Mais on ne lui enlèvera ni son courage ni sa détermination. Il se montre intelligent, il apprend à ranger sa fierté, à se remettre en question, mais pas à regarder ou il marche ! ^^ Bref, je l’aime beaucoup, lui et son évolution.
Trellia, c’est la jolie petite delphine nécrosée. ^^ Et en fait (attention, spoil !) elle n’est pas du tout maléfique. (Mais il vaut quand même mieux faire partit de ses amis…. ^^) Trellia est un fantôme, mais malgré ce que lui a fait subir l’homme, par amitié pour un garçon qui ressemblait à Oural, elle a choisi de lui venir en aide, quitte à se retourner contre les siens. Je vous mets au défi de ne pas l’aimer, elle et ses chorégraphies. ^^ Bon, elle est un poil jalouse par contre : personne n’est parfait !
Je ne vais pas parler de tous les personnages, car il y en a quelques-uns, mais je suis obligée d’évoquer Bengale. C’est le « méchant » capitaine du bateau fantôme qui enlève Oural pour se servir de son pouvoir. Charismatique et sûr de lui, il apparaît d’abord comme quelqu’un de cruel, mais il ne faut pas se fier à la première image. Certes, il est prêt à tout (ou presque), pour arriver à ses fins, mais il a un réel objectif et quand on sait le monde condamné à courte échéance, on a déjà bien plus envie de lui faire confiance. Bengale est un personnage fort qui cache son lot de secret. Il se sert des autres, il les domine ouvertement, il tue même ! Et pourtant, son équipage le vénère, et pourtant, il nous montre qu’il n’a pas un cœur de pierre. J’aime beaucoup l’étrange duo qu’il forme avec Oural, cette lutte qui les fera tous les deux grandir et évoluer, entre amour, fascination, peur et opposition.

Bilan ? Eh bien je crois pouvoir dire que j’ai adoré ce livre, encore plus que « Le dieu oiseau ». Ma seule interrogation sera pour la fin. Il restera une grande âme sur cette plage, et je ne comprends pas pourquoi elle n’a pas suivi le même chemin que les autres. J’ai néanmoins assisté à une très jolie conclusion. Un livre qui fait réfléchir. 
Alors, vous montez à bord ? Attention par contre ! N’embarquez pas si vous avez le mal de mer parce que bon, pour voyager sur des marées fantômes avec des centaines de créatures marines qui n’attendent que la première faiblesse de votre exorciste pour vous sucer votre âme… Il faut quand même avoir le cœur bien accroché ! ^^

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