La messagère du ciel – Lionel DAVOUST (Les dieux sauvages Tome 1)

Je l’ai vu plusieurs fois chroniqué ce livre, et pourtant, je ne l’avais jamais vraiment mis dans ma PAL, jusqu’à ce qu’il me tombe presque dessous. Un monsieur a bougé les livres de l’autre côté de la bibliothèque, et le roman était en équilibre précaire, mal rangé. J’ai voulu le remettre en place, et puis j’ai vu le nom de l’auteur. Tiens ! Ça par hasard ! Le monsieur de Procastination ! Si, si, vous savez, ces petits quarts d’heure littéraires que Symphonie partage sur facebook dès leur sortie !  (Oui, il faut avoir Symphonie en amie, sinon, ça fonctionne moins bien… ^^) De quoi aiguiser ma curiosité, en tout cas, et puis, vu que le destin semblait vouloir que je rencontre l’ouvrage, pourquoi pas ?

«« Écoute Ma parole : l’Éternel Crépuscule cachera le soleil, étouffera les plantes et changera les hommes en bêtes, car Aska, le Dieu de la Nuit, ne tolère d’autres enfants que les siens. »
Mériane est une trappeuse, une paria, une femme. Autant de bonnes raisons d’en vouloir aux Dieux qui ont puni le peuple de la Rhovelle pour les fautes de ses aïeux. Car depuis la chute du glorieux Empire d’Asrethia, le monde est parcouru de zones instables qui provoquent des mutations terrifiantes, les gens ont faim, et une religion austère qui prêche la haine des femmes soutient un système féodal.
Pourtant, quand les Dieux décident de vider leur querelle par l’intermédiaire des humains, un rôle crucial échoit à Mériane. Pour elle débute une quête qui la verra devenir chef de guerre et incarner l’espoir de tout un peuple.»

Je suis assez mitigée sur le résumé. Je ne lui trouve pas de défauts particuliers, mais il est peut-être la raison pour laquelle je suis passé à côté malgré les chroniques que j’aurais pu lire… et oublié avant que 650 pages ne me foncent droit vers le crane, ce qui n’aurait pas, je suppose, amélioré ma mémoire. :/ Il m’a donné l’impression d’une histoire… un peu trop classique ? Sans ce petit quelque chose pour le démarquer ? C’est la promesse d’une héroïne qui m’a définitivement convaincu, et puis, après tout, on ne risque rien avec un livre de bibliothèque (sauf si ça nous plaît, qu’il y en a cinq de prévues, et qu’on a déjà deux étagères pleines à la maison… Trois 😥 ^^)
Quant à la couverture … Vous ne trouvez pas qu’elle a la tête curieusement longue, Mériane ? (Dis le gros matou incapable de dessiner une allumette. ^^) Bon, malgré mon manque d’enthousiasme, on reste bien dans le thème avec l’héroïne principale sur fond forestier. Une sorte de présentation, en somme.

Dès les premières lignes, on sent… la maîtrise. C’est indéniable, le monsieur de procrastination est tout à fait légitime pour nous conseiller en matière de littérature. Ça aurait pu devenir gênant, et j’ai même ressenti une petite vague d’inquiétude… vite oubliée. L’histoire m’a emportée et j’ai dévoré le roman. Je me suis même empressé d’emprunter les deux autres avant qu’on me les pique. ^^
L’univers est riche, et pourtant, accessible. Je suis de celles (ne pas lancer de pierres), qui peinent vraiment à lire Game of Thrônes, tout en adorant la série. Trop de personnages pour ma mémoire dans le roman, trop de coupures entre ceux que j’affectionne le plus. Ici, j’ai aussi ressenti, parfois, l’absence de Mériane, je ne vais pas mentir (en général, j’ai du mal avec les histoires aux multiples voix), mais ça reste largement acceptable, et surtout, soit j’ai aimé tous les autres personnages, soit ils m’intriguaient suffisamment pour ne pas avoir envie de sauter des passages (non, je ne l’ai pas fait dans GOT ! ^^Mais j’oubliais les gens au fur et à mesure, par contre :/)
D’ordinaire, je n’aime pas parler de l’histoire à proprement dit : j’ai toujours peur d’en dire trop. Mais ici, vous expliquer au moins où vous posez les pieds me semble s’imposer. En mode « Lionne » donc… ^^ Bienvenue à Evanégyre ! Une charmante contrée rasée autrefois par sa propre divinité avant d’être reconstruite et refaçonnée ! Dommage, on voit un peu les coutures… Non ! Ne marchez pas dessus ! Et courrez, car certaines se déplacent et une fois dans une anomalie, je ne donne plus cher de votre intégrité… Vous pourriez y survivre, mais vous ne le souhaiteriez pas. Non, vraiment… Ce qui en sort est un mélange de chair en tous sens et de métal qui jaillis des endroits les plus improbables. L’avantage, c’est que si le lapin à côté de vous est touché, vous aussi, vous en aurez peur… D’ailleurs, commencez à fuir parce qu’il y a de fortes chances qu’il tente de vous trucider ensuite. 😥 Pire, il pourrait même vous contaminer… Je ne partage pas l’enthousiasme du Pandémonium quand quelqu’un est accepté. ^^ Moi, je préférerais mourir, si, par malheur, ma route croisait celle d’une anomalie.
À droite, les Morte-Couronne ! Non, n’y allez pas, ils ont un souci d’éclairage… ^^ À gauche, oh ! Un moine ! Évitez aussi, il pourrait avoir envie de vous purifier et, vraiment, vous n’aimeriez pas non plus. Après le bon plan c’est que si vous ne survivez pas à l’expérience (il y a des risques…) vous êtes déclaré pure à titre posthume 😀 Elle n’est pas belle la… mort ? :/
Non, ce n’est pas si horrible que vous pourriez le penser… … D’ailleurs les choix de carrière sont énormes dans le coin, surtout si vous êtes une femme ! Vous aurez le choix entre obéir, vous taire et faire des enfants, obéir, vous taire et faire des enfants OU être purifié. (Oui, ben, il ne fallait pas être une femme… Une certaine déesse a semé le trouble autrefois et, c’est bien connu, si une femme célèbre fiche le bazar, toutes les femmes, même nées des siècles après, sont responsables…) Vous aurez aussi droit au nettoyage, quel que soit voir sexe, si vous approchez trop prêt des anomalies, ou que vous n’êtes pas porté par la chance. Privation de nourriture, torture en tout genre, bûchée dans le plus simple appareil… Non, vraiment, on devrait tous songer à la purification pour les prochaines vacances ! ^^
Ici, les grands gagnants restent les personnages qui ont eu la chance de naître en ces lieux ! Chic, chic, chic ! ^^ Aller, tous en ligne pour les présentations ! Et on arrête de râler, Mériane !

Tiens ! Du coup, on va commencer par elle ! Après tout, Mériane est notre personnage principal, et il se trouve que je l’aime beaucoup. Il faut dire que je partais gagnante avec une forestière vivant à l’écart de tous. Mais elle se veut en plus féministe, rebelle (oui, c’est écrit dans le résumé ^^) et dotée d’un fort caractère. Elle n’hésite pas à dire ce qu’elle pense dans un monde où il est dangereux de le faire, surtout pour une femme. Ajoutez à ça un besoin de justice et un côté protectrice, forcément, on est devenues copines ! ^^ Et puis, Mériane me rappelle une figure emblématique qui m’a beaucoup intriguée dans mon enfance… Si je vous parle d’une femme qui entendait la voix de dieu ? Qu’on a accusé d’hérésie avant de la placer au centre d’un grand feu de joie alors qu’elle souhaitait juste aider son peuple ? On la surnommait la Pucelle ? (Comme Mériane d’ailleurs ^^) Oui ! Bingo ! (C’était très facile ^^) Après, peut-être ne trouvait-on pas, dans son sillage, un personnage aussi intrigant que Darén, qui sous ses airs de fou, semble cacher quelques trucs…
Il y a un deuxième personnage féminin qui a su retenir mon attention, une certaine Chunsène (j’aime beaucoup le nom, au passage), une petite chose douce et fragile de 14 ans… Non, je déconne ! ^^ Elle a bien 14 ans, mais elle a grandi dans des conditions assez extrêmes, au fin fond d’une contrée avec des soucis d’éclairage… ^^ Du coup, la petite chose douce et fragile, on peut heureusement oublier ! ^^ À son apparition, j’ai bien cru qu’elle ne serait qu’un personnage très secondaire, mais elle a su prendre sa place, et j’ai hâte de savoir comment se poursuivra son évolution. Surtout que son acolyte, Mange-Doigts, n’a pas manqué, elle aussi, d’éveiller ma curiosité. J’espère en apprendre plus sur cette jeune femme par la suite.
Dans le rang des jeunes gens, j’ai également rencontré Erwel, le neveu du roi déclinant, jusqu’alors mis à l’écart des intrigues de la cour par la bienveillance de son père, même si on doute de la justesse de cette décision (surtout lui, en fait). Je me suis vite attaché au jeune garçon, à sa bonne volonté et à ses espoirs innocents. Je sens que ce personnage a un bon potentiel évolutif, et il a toutes les chances de devenir une pièce maîtresse dès qu’il se sera un peu affirmé.
Impossible de ne pas parler de Leopol, un moine guerrier totalement dévoué à son dieu. Très sure de lui au début, condescendant, et manquant d’empathie,  il va vite commettre une erreur, celle de douter, qui lui fera passer une chance unique sous le nez. Il aurait pu poursuivre sur sa voie, suivre les hauts cercles de la religion sans se poser de questions, mais il choisit courageusement de suivre son cœur, et son dieu, même si cela le place dans une situation des plus délicates. Du coup, il a su gagner mon intérêt, et mon respect.
Je tiens également à mentionner Ganner, le grand méchant prophète d’Aska. ^^ Démoniaque, intéressé, j’ai néanmoins aimé découvrir ses états d’âme et ses motivations. C’est un antagoniste intéressant, et je le verrai bien se retourner contre son propre dieu. ^^ Pas dans le sens où il deviendrait ‘’gentil’’, non, vraiment pour lui jouer un tour. Son armée est constituée principalement des trucs issus des anomalies, même si certains sont encore dotés de capacités de raisonnement (pas de bol).
Puisque je suis partie pour énumérer une bonne partie des personnages, parlons tout de même de Wer et Aska, les dieux eux-mêmes. En narration, l’un est le bon, l’autre, le mauvais. Mais quelques passages vers l’ailleurs ont su me rendre moins catégorique. Il y a eu d’autres divinités qu’eux, notamment une déesse, de laquelle résulte l’impureté des femmes au vu de l’église. Je m’interroge vraiment sur leur passé, j’ai envie d’en savoir plus, et je suis donc leurs échanges avec beaucoup d’attention, que ce soit entre eux, ou avec leurs messagers.

Bilan ? Une histoire sur laquelle je ne misais pas beaucoup, mais qui aura su me happer, m’intriguer. Des personnages attachants et variés, un univers riche, mais néanmoins abordable qui nous entraîne à toute vitesse. Je pense pouvoir dire, une valeur sûre dans le monde de la fantasy, mené par un auteur qui sait ce qu’il fait, mais qui sait, aussi, se faire oublier pour nous offrir un beau moment d’évasion. Je cours lire la suite !
Bon par contre, l’expression « pince-sans-rire », je déteste, ^^ et du coup, même si ça doit apparaître trois fois dans un livre conséquent, j’ai l’impression que c’est entouré de panneaux lumineux. ^^ Et autre petit bémol, parfois, il manque des espaces. :/

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