L’homme rune – Peter V. BRETT (Le cycle des démons Tome 1)

Voilà un livre dont j’étais impatiente de parler ! Et pourtant, j’avoue avoir hésité à le prendre. Je l’ai vu dans le rayon, attirer par la couverture (on l’avait mis devant) et je m’en suis aussitôt saisi pour lire le résumé. Plutôt séduite, j’ai été refroidie pour la première fois de ma vie en voyant la mention « cycle ». Le dernier livre comportant une suite dans lequel je m’étais engagée, j’avais adoré le premier tome, mais n’avais pas du tout accroché sur le deuxième. Avais-je envie de m’investir de nouveau à ce point ? J’avais de quoi lire dans ma grotte, et en quantité… J’ai passé mon chemin, mais après quelques minutes d’errances, je n’arrivais pas à me le sortir de la tête, et je suis retournée le chercher. Je ne le regrette pas.

« Il y a parfois de très bonnes raisons d’avoir peur du noir… Dans le monde du jeune Arlen, dès que le soleil se couche, les démons sortent de terre et dévorent les êtres vivants. Le seul espoir de survie : s’abriter derrière des runes magiques qui repoussent ces monstres et prier pour qu’elles tiennent jusqu’aux premières lueurs de l’aube. Seule une poignée de Messagers bravent la nuit au péril de leur vie pour relier les hameaux dont les habitants ne s’éloignent jamais. Mais lorsqu’une terrible tragédie le frappe, le jeune Arlen décide qu’il ne veut plus vivre dans la peur : il quitte sa ferme et part sur les routes en quête d’un moyen de se battre contre les démons et de les vaincre.»

La couverture attire l’œil, du moins, elle a attiré le mien. Je la trouve belle malgré une créature qui, on ne va pas se mentir, ne passerait pas les sélections d’un concours de beauté. ^^ Le héros me paraissait bien frêle et jeune en comparaison, et je me suis demandé comment le bout de rocher sur lequel il se tenait faisait pour rester en équilibre. Et puis, j’ai eu beau voir le cercle protecteur, je me suis dit : « si ton perchoir tombe, mon bonhomme, runes ou pas, tu es dans le ****… » ^^ Mais il y a un souci, car, même si je reconnais le héros, la scène, le démon, et qu’ils ont largement leur place en première loge… Le lieu, lui, en revanche… Arlen n’a jamais été en équilibre sur ce caillou, et même si ça rajoute un sentiment de danger à l’illustration, c’est dommage de nous montrer une scène qui, au final, du coup, n’existe pas vraiment. Petite pointe de déception, donc, car je ne saurai jamais s’il est tombé, et comment il s’en serait sorti si ça avait été le cas.
Le résumé est accrocheur, il présente bien le monde, mais je ne le trouve pas tout à fait fidèle non plus : car lors de son départ, même s’il évoque déjà ce fameux moyen de combattre les démons, Arlen ne le recherche pas encore clairement, et il se passera quelques années avant qu’il ne parte vraiment sur les routes. D’ailleurs, cette quête n’est pas tant que ça mise en avant dans la suite du récit, puisque, si nous sommes présents à un moment crucial, nous n’en vivrons pas le début avec lui, seulement le résultat. De plus, dire qu’il part à cause de la tragédie… Oui, elle est en grande partie responsable, mais Arlen fuit avant tout la lâcheté de son père, et son besoin d’oublier rapidement le drame pour reconstruire sa vie. Bref, efficace, accrocheur, mais.

Nous arrivons dans un univers qui a connu des jours meilleurs :  la science était plus présente, les hommes plus nombreux, et ils colonisaient davantage leur monde ; seulement, les chtoniens sont arrivés. Quand on sait que rien ne les arrête, mis à part le soleil et les runes, et qu’il a dû falloir un certain temps pour élaborer ces dernières… Je vous laisse imaginer le massacre initial ! Heureusement, depuis leurs découvertes, les humains peuvent protéger leurs maisons le soir venu, mais gare à ceux qui mettent le pied sous le ciel nocturne ! Et les protections ne résistent pas toujours face aux attaques incessantes des chtoniens… Il existe plusieurs types de démons, un peu comme les Pokémons, mais en moins gentils. ^^ Le feu, le bois, la pierre, le sable, l’eau… il y en a pour tous les goûts, et surtout, pour tous les habitats. Pas de jaloux, on a dit ! Autrefois, le Libérateur a créé des runes pour combattre les démons, et il mena les hommes à la bataille, leur offrant la paix. Mais avec le temps, le Libérateur est parti, ses runes se sont perdues, et les chtoniens ont fini par revenir en masse. Eh oui, la prochaine fois, prenez des notes ! Ça peut toujours servir… ^^
Nous commençons l’histoire en compagnie du jeune Arlen, et pendant trois chapitres, c’est lui que nous suivons (à la troisième personne). Je m’attendais donc à un récit à une seule voix, surtout qu’aucun autre personnage majeur n’était évoqué dans le résumé… Mais, surprise, au chapitre quatre, nous changeons de point de vue. Je vous avoue que j’ai eu peur. Et puis, ce n’était pas dans le contrat ! ^^ Heureusement, je me suis aussi bien attaché à ce personnage qu’au premier : ouf ! Et quelques chapitres plus tard… Paf ! Un troisième ! Mais heu ! ^^ Tout va bien cependant, du moins, pour ma part, car j’ai apprécié les trois, même si je dois reconnaître que c’est toujours un peu frustrant de suivre un personnage plusieurs chapitres, puis de passer à un autre. Ça pourrait être gênant si le lecteur accrochait moins sur l’un que sur les autres, car, mis à part le petit dernier, c’est une alternance plutôt longue, sur plusieurs chapitres, donc.
Avant de passer aux personnages à proprement dit, je tenais à vous parler de la plume de Peter V. Brett. Il est dit qu’il s’agit de son premier roman, mais je ne l’ai pas senti. L’écriture est simple, mais fluide, j’ai toujours replongé dans son univers avec facilité. J’avais du mal à lâcher le livre. ^^

J’ai essayé de vous parler de l’histoire sans les personnages, mais c’était très compliqué : ils y sont intimement liés, et pendant la majeure partie du livre, ils ne se rencontrent même pas. L’avantage c’est qu’on les voit vraiment grandir, se construire, ce que je trouve très intéressant. Arlen commence le récit à onze ans, Leesha à treize, et on découvre le petit Rojer dès ses trois ans. Ce n’est pas dénué d’action, et je ne me suis pas ennuyé un seul instant, mais ça donne néanmoins une phase d’introduction relativement longue, qui pourrait en lasser plus d’un.
Arlen, donc, vit dans un petit village avec ses parents. On sent dès le début que c’est un petit bonhomme courageux, en manque d’aventure, et un peu rebelle. Le genre à s’éloigner autant qu’il peut pour explorer les environs, et à devoir revenir en courant dans le jour qui décline pour se mettre à l’abri des runes qui protègent la ferme de ses parents. En dehors des horreurs qui viennent frapper à sa porte nuit après nuit, il a un début de vie plutôt classique, jusqu’à ce qu’une attaque fasse des dégâts dans son village et qu’une rescapée hébergée par ses parents oublie de rentrer le chien… J’aime les animaux, de tout mon cœur, mais je crois que j’aurais laissé le chien. :O Si vous me prenez pour un monstre, retournez jeter un coup d’œil à celui de la couverture… ^^ Évidemment, aucun personnage n’a écouté mes mises en garde, et ce qui devait arriver arriva. Oui, ça veut dire que je ne le dirais pas, même si c’est très facile à deviner. Le père d’Arlen lui avait fait une promesse : le cas échéant, il se battrait pour défendre les siens. Il semblait y croire, mais il s’est menti à lui-même autant qu’il a menti à son fils, et ne voulant pas d’une vie de lapin en cage en attendant qu’on vienne le tuer, et en regardant mourir les autres, Arlen s’enfuit. Riche idée, n’est-ce pas ? Parce que : plus d’abris ! En route, Arlen sera secouru par un ami, un Messager et son jongleur trouillard, rencontré il y a peu dans son village. Mais il s’en fera aussi un autre : le gros Pokémon en couverture… Oui, là, on aurait préféré garder le chien ! ^^ Surtout que quand je dis « ami », il ne faut vraiment pas le prendre au pied de la lettre… Les Messagers sont les seuls à vraiment prendre le risque de se déplacer, du coup, on s’en doute, Arlen rêve de devenir Messager. C’est parti pour les villes libres !
On rencontre Leesha dans le petit village du Creux du Coupeur où elle vit avec ses parents. Un père aimant, une mère qu’on rêverait voir finir entre les griffes des chtoniens. ^^ Non, vraiment, j’attends le moment de sa mort avec impatience, et rien d‘étonnant à ce qu’il tarde à cette jeune fille de devenir femme, et de pouvoir partir s’installer avec son promis, un certain Gared. Sauf que, pas de bol, ce dernier est loin d’être aussi charmant qu’elle se l’imaginait… (« elle », car moi, je le sentais venir…) Elle sera soutenue par la très vieille Bruna, la cueilleuse d’herbe du village (une guérisseuse) au caractère bien trempé. Elle deviendra son apprentie et réussira même à tenir tête à sa charmante maman. Un personnage plus fort qu’on aurait pu le croire au début, et que j’ai aimé voir évoluer. On pourrait penser, pourtant, qu’elle frôle souvent le clicher : elle attend le bon, voyez-vous, mais je serais très mal placée pour l’accuser de clicher, parce que j’ai fait pareil. Toutefois, si j’ai bien une inquiétude sur la suite de l’évolution d’un des personnages, ce sera bien sûr celui-ci : j’espère que Leesha et son auteur ne se perdront pas en route, surtout qu’elle se remet déjà curieusement vite d’une épreuve à la fin du livre, épreuve qui aurait eu toutes les chances de la traumatiser pour un bon bout de temps…
Et enfin le petit Rojer. Lui aussi vient d’un tout petit village, et dès le début, son père s’inquiète pour les runes de leur auberge, sauf qu’il y a un pont à construire pour le duc, alors, ses préoccupations… C’est un Messager de passage qui viendra finalement à la rescousse, accompagné de son jongleur, un certain Arrick. Je ne suis pas là pour critiquer le travail du Messager, apparemment, il a fait de son mieux, sauf que… Ce n’était visiblement pas suffisant. La mère de Rojer fuit à la cave avec son fils, mais le Jongleur, dans sa peur, lui ôte tout espoir de survie. Heureusement, il sauve quand même le petit. Charmant début pour Rojer qui, du coup, est élevé par l’homme responsable de la mort de sa mère… :/ J’aime particulière le talent de Rojer, qui lui donnera une vraie place dans ce trio, et un moyen de combattre différemment.

Bilan ? C’était très intéressant de voir les personnages se construire. D’habitude, on nous parle de leur passé, on l’évoque ou on nous le fait comprendre, là, nous le vivons avec eux. Alors oui, effectivement, ça donne de longues introductions et une histoire qui tarde à vraiment démarrer, mais pour moi ce n’est pas un défaut, seulement une particularité à prendre en compte. Grâce à ça, je me suis senti très proche des héros, je les comprenais pleinement, et j’ai assisté à leur évolution de manière très naturelle.
L’univers et l’histoire ne sont les plus originaux, j’ai déjà lu et chroniquer au moins une histoire de grosses bêtes qui sortent à intervalles réguliers, mais on n’y racontait pas la même chose, et ça ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture. Pour moi le gros point fort de cet ouvrage restera ses personnages, leur justesse, leurs nuances, leur humanité, tout simplement.

D’autres avis ?

Les fiancés de l’hiver – Christelle DABOS (La Passe-Miroir Tome 1)

Ça y est, enfin ! Tout au bout du désert, la superbe couverture rouge du quatrième tome de la Passe-Miroir est en vue ! Bon, encore un peu de patience… Mais comme je n’en ai pas tellement, c’est l’occasion de replonger dans les premières més-aventures d’Ophélie, et, surtout, de vous donner mon avis sur les deux premiers livres !

« Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.»

Compliqué de revenir sur une couverture quand on avait déjà lu l’ouvrage. Alors que dire ? La première d’une série ? Le lieu emblématique où débute vraiment cette magnifique histoire ? Une couleur bleue qui évoquait peut-être le froid du pôle ? Simple, mais efficace, et j’aime beaucoup cet effet de suite. Une illustration sur laquelle je suis parfois revenu en cours de lecture, pour chercher la fenêtre à laquelle se penchait l’héroïne, la tour où se déroulait tel ou tel passage : on voyage dès qu’on pose les yeux dessus !
Je n’avais pas lu le résumé la première fois. J’avais lu les chroniques de Symphonie et d’Eleyna ! ^^ Du coup, j’avoue, avec un peu de honte, que je le découvre aujourd’hui. En me projetant un peu, beaucoup, je pense qu’il aurait eu toutes les chances de fonctionner sur moi. Intrigant, court, fidèle, et encore une fois : efficace.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que je suis toujours aussi emballé par les fiancés de l’hiver ! J’ai replongé avec délice dans l’histoire, et de nouveau, je l’ai dévorée en deux jours ! Un univers décidément rafraîchissant. Des fragments de monde qui flottent dans le ciel, avec à la tête des plus grandes, des esprits de famille auréoles de mystère, de la magie partout, sous bien des formes, et surtout, sous des formes que je n’ai pas l’habitude de voir. Des maisons vivantes, des meubles, des objets qui bougent et peuvent être dotés de mauvais caractère. On commence fort dès le début, et c’est peut-être cette magie-là qui offre à cette histoire sa place dans les rayons jeunesse : pour cette jolie dose d’émerveillement qui ne m’avait plus traversée depuis Harry Potter. Quoi que… attendez-vous tout de même à plonger dans un monde plus dur. Toutes les arches ne sont pas Anima, et c’est bel et bien vers le Pôle qui vole très vite Ophélie…
Changement de décor ! Et le choc est plutôt radical. Non, je ne parle pas seulement du froid (mais quand même, un petit -25, c’est vivifiant ! ^^) La légèreté, la bienveillance d’Anima ? On oublie ! Place aux complots, aux sourires de façades, aux alliances et trahisons. Dans un premier temps, notre héroïne sera maintenue éloignée de cette bien dangereuse cour, mais sa belle-famille et son glacial fiancé suffiront largement à nous tenir en haleine. Puis, direction le clairdelune ! C’est parmi le petit peuple que nous découvrirons ce nouveau cadre, parmi les sans-pouvoirs, les serviteurs, et une chose est certaine, leur quotidien n’est pas de tout repos ! J’ai rapidement compris que la couverture d’Ophélie nous offrait un point de vue de premier choix, il permet à notre héroïne, et donc, à nous, d’apprendre bien des choses sur l’univers et les gens qui l’entourent, sans être plongés directement dans les manigances. Du moins, au début… Car à la fin de ce premier tome, nous quitterons cette position protectrice.
L’un des gros points forts de la passe-miroir reste pour moi son incroyable richesse. Nous partons d’une arche familiale, gouvernée par un esprit de famille plutôt bienveillante, pour atterrir dans un lieu complètement différent, centré sur la rivalité. Il faut rester dans les bonnes grâces du dangereux Farouk, esprit de famille bien plus instable que sa sœur Artémis. Sur Anima, tout le monde est un peu cousin, et la magie reste pratiquement la même d’un individu à l’autre : on anime les objets. Bien sûr, certains sont liseurs, d’autres négligent ce pouvoir jusqu’à le voir disparaître, et il y a aussi le cas des très rare passe-miroir, mais dans l’ensemble, on naît égaux. Au pôle, la famille se divise en clans, et la magie en plusieurs branches. On écharpe (^^) à distance, on cache la misère derrière de charmantes illusions, et tout un tas d’autres joyeusetés… Je ne vais quand même pas tout vous dire ! Mais une chose est certaine, la notion de famille, vous pouvez oublier !

Le deuxième gros point fort, ce sont les personnages ! Ils sont complexes, intrigants, hauts en couleur, variés ! Si vous le voulez bien, on va commencer par Ophélie. 🙂

Une héroïne ! Youhou ! Et en plus, elle ne ressemble à rien ! Non, elle n’est pas moche ! Mais elle est vraiment très ordinaire, tant sur le plan physique que mental, et du coup, il est très facile de s’identifier à elle. Ophélie diffère des autres personnages centraux féminins que j’avais pu croiser avant elle. Elle n’est pas d’une sublime beauté, ni dotée de capacités extraordinaires. Ophélie ressemble à une brindille toujours enrhumée et maladroite, fagotée à la hâte, timide au possible, et qui, à la première occasion, se terrera au fond d’une grotte, ou plutôt de son musée, loin de tout le monde. Et pourtant, elle est loin d’être aussi faible qu’elle pourrait nous le faire penser au premier abord. Elle va quitter sa famille, son monde au grand complet, se retrouver sur une arche hostile, fiancée de force à un iceberg géant et plongée dans les intrigues ; le tout, sans jamais craquer ! Une belle preuve de courage ! Ophélie, en plus d’être une animiste, a conservé sa capacité de lire le passé des objets, et elle est plutôt douée vu qu’elle est capable de remonter jusqu’à la création de ce qu’elle touche. Elle possède également un autre atout : elle passe de miroir en miroir, affrontant son propre reflet pour se déplacer à travers les surfaces où elle s’est déjà reflétée. Et surtout ! Elle ne tombe pas éperdument amoureuse et dépendante du premier mâle qui passe ! Merci, Ophélie ! Merci ! Bon après, c’est vrai aussi que Thorn est légèrement frigorifique…
Thorn, c’est le charmant prétendant ! Oui, c’est de l’ironie… car autant vous dire qu’il ne vend pas du rêve, le monsieur ! ^^ Grand, voir interminable, aussi chaleureux qu’un glaçon, pâle comme un mort, légèrement défiguré, le savoir-vivre d’un, d’un rustre ? Il est ravi du mariage à venir ! Re-ironie. ^^ Il aurait surtout réussir à faire fuir n’importe qui, sauf Ophélie, qui elle, est coincée. Pas de bol ! Thorn est un homme taciturne, strict, entièrement dévoué à son travail. Il est l’intendant du pôle, et tout le monde le déteste ! Et pourtant, c’est un personnage riche et finalement attachant à ses heures. Il cache une histoire terrible derrière son éternelle rigidité, et j’ai adoré le découvrir, lui et ses tocs. C’est vraiment un personnage emblématique, je l’aime beaucoup.
Roseline est la marraine d’Ophélie, chargée de l’accompagner au pôle et de la chaperonner jusqu’au mariage. Bien plus proche de son parrain qui travaille aux archives familiales, la jeune fille découvrira cette marraine en même temps que nous. Les premiers temps seront plutôt froids, mais l’attachement et le respect naîtront au fil des pages, tandis qu’elles se découvriront l’une l’autre. Roseline est le médecin des livres, et elle ne peut s’empêcher de réparer toutes les pages qui passent à sa portée. C’est un personnage surprise pour moi, car je ne pensais pas m’y attacher.
Sitôt débarqué au pôle, nous découvriront Bérénilde, la tante de Thorn, et la seule famille dont il est vraiment proche, malgré une « charmante » grand-mère, un demi-frère, une demi­-sœur, et tout un tas de gens « merveilleux » que je vous laisserais la « joie » de découvrir ! (on l’aura compris, j’adore l’ironie ! ^^) Bérénilde a plusieurs visages. Encore un personnage bien complexe ! On l’aime, on la déteste, on l’aime à nouveau, plus fort encore, mais on garde quand même une pointe de méfiance. Je me suis souvent questionnée sur ses intentions, est-ce qu’elle souhaite vraiment protéger Ophélie ? Se servir d’elle ? Hm… Allez lire ! ^^
Tellement de personnages qu’il est malheureusement impossible de parler de chacun en détail, mais impossible de ne pas évoquer Archibald, un noble qui sort vraiment du cadre ! Sa distraction favorite ? Mettre toutes les femmes dans son lit ! Et il est très honnête sur le sujet ! Très honnête tout court… Dans les basses sphères, Ophélie trouvera le soutien de Renard. Pas vraiment désintéressé, ce charment valet lui apprendra les ficelles de son métier et se révélera un guide et un ami des plus précieux. C’est lui qui nous présentera Gaëlle, la mécanicienne, une femme qu’il convoite depuis des années. ^^ Et autant vous dire que cette femme nous cache des choses… Oh ! J’ai failli oublier l’écharpe ! Oui, l’écharpe d’Ophélie est un personnage ! Plutôt félin d’ailleurs ! Elle la suit partout, s’entortille à sa propriétaire comme un serpent et déteste qu’on l’abandonne ! Un coup de génie que cet objet du quotidien faisant office d’animal de compagnie ! Un régal !

Bilan ? Une histoire rafraîchissante et addictive à souhait, pas remplie d’action au sens où on l’entendrait, mais riche en rebondissements, à tel point qu’il paraît impossible de s’ennuyer. Allez lire ! Vite ! Il ne faut surtout pas passer à côté ! Mais achetez peut-être les quatre tomes d’un coup, car une fois commencé, c’est une torture de s’arrêter !
Je n’aurais qu’une dernière chose à dire : merci Cricri pour ce joli bijou !

D’autres avis ? (Je n’en mets que quelques-uns, vous n’aurez aucune difficultés à en trouver d’autres 😉

La messagère du ciel – Lionel DAVOUST (Les dieux sauvages Tome 1)

Je l’ai vu plusieurs fois chroniqué ce livre, et pourtant, je ne l’avais jamais vraiment mis dans ma PAL, jusqu’à ce qu’il me tombe presque dessous. Un monsieur a bougé les livres de l’autre côté de la bibliothèque, et le roman était en équilibre précaire, mal rangé. J’ai voulu le remettre en place, et puis j’ai vu le nom de l’auteur. Tiens ! Ça par hasard ! Le monsieur de Procastination ! Si, si, vous savez, ces petits quarts d’heure littéraires que Symphonie partage sur facebook dès leur sortie !  (Oui, il faut avoir Symphonie en amie, sinon, ça fonctionne moins bien… ^^) De quoi aiguiser ma curiosité, en tout cas, et puis, vu que le destin semblait vouloir que je rencontre l’ouvrage, pourquoi pas ?

«« Écoute Ma parole : l’Éternel Crépuscule cachera le soleil, étouffera les plantes et changera les hommes en bêtes, car Aska, le Dieu de la Nuit, ne tolère d’autres enfants que les siens. »
Mériane est une trappeuse, une paria, une femme. Autant de bonnes raisons d’en vouloir aux Dieux qui ont puni le peuple de la Rhovelle pour les fautes de ses aïeux. Car depuis la chute du glorieux Empire d’Asrethia, le monde est parcouru de zones instables qui provoquent des mutations terrifiantes, les gens ont faim, et une religion austère qui prêche la haine des femmes soutient un système féodal.
Pourtant, quand les Dieux décident de vider leur querelle par l’intermédiaire des humains, un rôle crucial échoit à Mériane. Pour elle débute une quête qui la verra devenir chef de guerre et incarner l’espoir de tout un peuple.»

Je suis assez mitigée sur le résumé. Je ne lui trouve pas de défauts particuliers, mais il est peut-être la raison pour laquelle je suis passé à côté malgré les chroniques que j’aurais pu lire… et oublié avant que 650 pages ne me foncent droit vers le crane, ce qui n’aurait pas, je suppose, amélioré ma mémoire. :/ Il m’a donné l’impression d’une histoire… un peu trop classique ? Sans ce petit quelque chose pour le démarquer ? C’est la promesse d’une héroïne qui m’a définitivement convaincu, et puis, après tout, on ne risque rien avec un livre de bibliothèque (sauf si ça nous plaît, qu’il y en a cinq de prévues, et qu’on a déjà deux étagères pleines à la maison… Trois 😥 ^^)
Quant à la couverture … Vous ne trouvez pas qu’elle a la tête curieusement longue, Mériane ? (Dis le gros matou incapable de dessiner une allumette. ^^) Bon, malgré mon manque d’enthousiasme, on reste bien dans le thème avec l’héroïne principale sur fond forestier. Une sorte de présentation, en somme.

Dès les premières lignes, on sent… la maîtrise. C’est indéniable, le monsieur de procrastination est tout à fait légitime pour nous conseiller en matière de littérature. Ça aurait pu devenir gênant, et j’ai même ressenti une petite vague d’inquiétude… vite oubliée. L’histoire m’a emportée et j’ai dévoré le roman. Je me suis même empressé d’emprunter les deux autres avant qu’on me les pique. ^^
L’univers est riche, et pourtant, accessible. Je suis de celles (ne pas lancer de pierres), qui peinent vraiment à lire Game of Thrônes, tout en adorant la série. Trop de personnages pour ma mémoire dans le roman, trop de coupures entre ceux que j’affectionne le plus. Ici, j’ai aussi ressenti, parfois, l’absence de Mériane, je ne vais pas mentir (en général, j’ai du mal avec les histoires aux multiples voix), mais ça reste largement acceptable, et surtout, soit j’ai aimé tous les autres personnages, soit ils m’intriguaient suffisamment pour ne pas avoir envie de sauter des passages (non, je ne l’ai pas fait dans GOT ! ^^Mais j’oubliais les gens au fur et à mesure, par contre :/)
D’ordinaire, je n’aime pas parler de l’histoire à proprement dit : j’ai toujours peur d’en dire trop. Mais ici, vous expliquer au moins où vous posez les pieds me semble s’imposer. En mode « Lionne » donc… ^^ Bienvenue à Evanégyre ! Une charmante contrée rasée autrefois par sa propre divinité avant d’être reconstruite et refaçonnée ! Dommage, on voit un peu les coutures… Non ! Ne marchez pas dessus ! Et courrez, car certaines se déplacent et une fois dans une anomalie, je ne donne plus cher de votre intégrité… Vous pourriez y survivre, mais vous ne le souhaiteriez pas. Non, vraiment… Ce qui en sort est un mélange de chair en tous sens et de métal qui jaillis des endroits les plus improbables. L’avantage, c’est que si le lapin à côté de vous est touché, vous aussi, vous en aurez peur… D’ailleurs, commencez à fuir parce qu’il y a de fortes chances qu’il tente de vous trucider ensuite. 😥 Pire, il pourrait même vous contaminer… Je ne partage pas l’enthousiasme du Pandémonium quand quelqu’un est accepté. ^^ Moi, je préférerais mourir, si, par malheur, ma route croisait celle d’une anomalie.
À droite, les Morte-Couronne ! Non, n’y allez pas, ils ont un souci d’éclairage… ^^ À gauche, oh ! Un moine ! Évitez aussi, il pourrait avoir envie de vous purifier et, vraiment, vous n’aimeriez pas non plus. Après le bon plan c’est que si vous ne survivez pas à l’expérience (il y a des risques…) vous êtes déclaré pure à titre posthume 😀 Elle n’est pas belle la… mort ? :/
Non, ce n’est pas si horrible que vous pourriez le penser… … D’ailleurs les choix de carrière sont énormes dans le coin, surtout si vous êtes une femme ! Vous aurez le choix entre obéir, vous taire et faire des enfants, obéir, vous taire et faire des enfants OU être purifié. (Oui, ben, il ne fallait pas être une femme… Une certaine déesse a semé le trouble autrefois et, c’est bien connu, si une femme célèbre fiche le bazar, toutes les femmes, même nées des siècles après, sont responsables…) Vous aurez aussi droit au nettoyage, quel que soit voir sexe, si vous approchez trop prêt des anomalies, ou que vous n’êtes pas porté par la chance. Privation de nourriture, torture en tout genre, bûchée dans le plus simple appareil… Non, vraiment, on devrait tous songer à la purification pour les prochaines vacances ! ^^
Ici, les grands gagnants restent les personnages qui ont eu la chance de naître en ces lieux ! Chic, chic, chic ! ^^ Aller, tous en ligne pour les présentations ! Et on arrête de râler, Mériane !

Tiens ! Du coup, on va commencer par elle ! Après tout, Mériane est notre personnage principal, et il se trouve que je l’aime beaucoup. Il faut dire que je partais gagnante avec une forestière vivant à l’écart de tous. Mais elle se veut en plus féministe, rebelle (oui, c’est écrit dans le résumé ^^) et dotée d’un fort caractère. Elle n’hésite pas à dire ce qu’elle pense dans un monde où il est dangereux de le faire, surtout pour une femme. Ajoutez à ça un besoin de justice et un côté protectrice, forcément, on est devenues copines ! ^^ Et puis, Mériane me rappelle une figure emblématique qui m’a beaucoup intriguée dans mon enfance… Si je vous parle d’une femme qui entendait la voix de dieu ? Qu’on a accusé d’hérésie avant de la placer au centre d’un grand feu de joie alors qu’elle souhaitait juste aider son peuple ? On la surnommait la Pucelle ? (Comme Mériane d’ailleurs ^^) Oui ! Bingo ! (C’était très facile ^^) Après, peut-être ne trouvait-on pas, dans son sillage, un personnage aussi intrigant que Darén, qui sous ses airs de fou, semble cacher quelques trucs…
Il y a un deuxième personnage féminin qui a su retenir mon attention, une certaine Chunsène (j’aime beaucoup le nom, au passage), une petite chose douce et fragile de 14 ans… Non, je déconne ! ^^ Elle a bien 14 ans, mais elle a grandi dans des conditions assez extrêmes, au fin fond d’une contrée avec des soucis d’éclairage… ^^ Du coup, la petite chose douce et fragile, on peut heureusement oublier ! ^^ À son apparition, j’ai bien cru qu’elle ne serait qu’un personnage très secondaire, mais elle a su prendre sa place, et j’ai hâte de savoir comment se poursuivra son évolution. Surtout que son acolyte, Mange-Doigts, n’a pas manqué, elle aussi, d’éveiller ma curiosité. J’espère en apprendre plus sur cette jeune femme par la suite.
Dans le rang des jeunes gens, j’ai également rencontré Erwel, le neveu du roi déclinant, jusqu’alors mis à l’écart des intrigues de la cour par la bienveillance de son père, même si on doute de la justesse de cette décision (surtout lui, en fait). Je me suis vite attaché au jeune garçon, à sa bonne volonté et à ses espoirs innocents. Je sens que ce personnage a un bon potentiel évolutif, et il a toutes les chances de devenir une pièce maîtresse dès qu’il se sera un peu affirmé.
Impossible de ne pas parler de Leopol, un moine guerrier totalement dévoué à son dieu. Très sure de lui au début, condescendant, et manquant d’empathie,  il va vite commettre une erreur, celle de douter, qui lui fera passer une chance unique sous le nez. Il aurait pu poursuivre sur sa voie, suivre les hauts cercles de la religion sans se poser de questions, mais il choisit courageusement de suivre son cœur, et son dieu, même si cela le place dans une situation des plus délicates. Du coup, il a su gagner mon intérêt, et mon respect.
Je tiens également à mentionner Ganner, le grand méchant prophète d’Aska. ^^ Démoniaque, intéressé, j’ai néanmoins aimé découvrir ses états d’âme et ses motivations. C’est un antagoniste intéressant, et je le verrai bien se retourner contre son propre dieu. ^^ Pas dans le sens où il deviendrait ‘’gentil’’, non, vraiment pour lui jouer un tour. Son armée est constituée principalement des trucs issus des anomalies, même si certains sont encore dotés de capacités de raisonnement (pas de bol).
Puisque je suis partie pour énumérer une bonne partie des personnages, parlons tout de même de Wer et Aska, les dieux eux-mêmes. En narration, l’un est le bon, l’autre, le mauvais. Mais quelques passages vers l’ailleurs ont su me rendre moins catégorique. Il y a eu d’autres divinités qu’eux, notamment une déesse, de laquelle résulte l’impureté des femmes au vu de l’église. Je m’interroge vraiment sur leur passé, j’ai envie d’en savoir plus, et je suis donc leurs échanges avec beaucoup d’attention, que ce soit entre eux, ou avec leurs messagers.

Bilan ? Une histoire sur laquelle je ne misais pas beaucoup, mais qui aura su me happer, m’intriguer. Des personnages attachants et variés, un univers riche, mais néanmoins abordable qui nous entraîne à toute vitesse. Je pense pouvoir dire, une valeur sûre dans le monde de la fantasy, mené par un auteur qui sait ce qu’il fait, mais qui sait, aussi, se faire oublier pour nous offrir un beau moment d’évasion. Je cours lire la suite !
Bon par contre, l’expression « pince-sans-rire », je déteste, ^^ et du coup, même si ça doit apparaître trois fois dans un livre conséquent, j’ai l’impression que c’est entouré de panneaux lumineux. ^^ Et autre petit bémol, parfois, il manque des espaces. :/

D’autres avis ?

Lum’en – Laurent GENEFORT

Ah- ah ! On retourne dans l’espace ? Ne vous en faites pas, on va faire une jolie escale ! Le plan de route est juste en dessous. C’est partit ! ^^

«La vie intelligente sur Garance apparut cent mille ans avant que la planète ne porte ce nom. Cette vie-là n’était pas humaine, ni même organique. Lum’en était unique en son genre…» Imaginez une étoile avoisinant sept dixièmes de masse solaire… Si vous levez les yeux, il se peut que vous aperceviez son éclat blanc-jaune sur la face antérieure du bras spiral d’Orion, à sept mille parsecs du centre galactique. Le système de Grnc.mld1 compte six planètes : cinq telluriques et une gazeuse. De ces six planètes, Garance est la seule qui évolue dans la zone d’habitabilité. Lum’en relate la colonisation de Garance, une planète comme tant d’autres, du moins en apparence… L’histoire de ces femmes, de ces hommes rudes lancés à la conquête d’un monde, le récit des luttes de ces pionniers qui, au fil des générations, vont écrire la plus exceptionnelle des aventures, la plus terrible, aussi, celle de l’ancrage, du développement puis, inéluctable, du déclin d’une colonie dans les confins. L’essence même de la nature humaine, en somme, la quête d’horizons nouveaux. Quitte à rater l’essentiel… »

Commençons tout de suite par la couverture, parce que j’adore débuter une chronique avec un point négatif. Non, je plaisante, quoi que… Je ne la trouve pas vraiment à mon goût, mais c’est totalement suggestif. Elle me renvoie aux vieux livres contenus dans l’immense bibliothèque de science-fiction de mon papa… Oui, j’avais un papa fan de science-fiction, du temps où je n’étais pas encore né, mais bref, je ne vais pas vous raconter ma vie (même si j’ai déjà bien commencé ^^). Du coup, elle n’a pas vraiment fonctionné sur moi, mais je ne doute pas que d’autres l’apprécieront. On y retrouve bien les éléments importants de l’histoire, dommage qu’il manque les personnages et surtout la faune locale que j’aurais adoré voir illustré. (vive les pilas ! ^^)
Heureusement, le résumé m’a beaucoup plus séduite. Le résumé et la chronique d’Eleyna. ^^ Pourtant, après lecture, je réalise que je n’avais pas été assez attentive sur la fin qui s’allie à merveille à la conclusion de l’ouvrage. Ça n’a pas gêné ma lecture ni freiné mon envie de la commencer, ça aurait juste pu l’encourager davantage. 😉

L’ouvrage se découpe de manière un peu particulière. Il s’agit bien d’un seul et même roman, mais scindé en plusieurs histoires, toutes précédées d’un petit aparté qu’en premier lieu… J’ai pris pour un prologue. ^^ « Prologue » qui promettait un point de vue tout à fait inédit (du moins pour moi) et plutôt séduisant. Car la vie sur Garance bénéficie d’une drôle d’observatrice, que je vous laisserai découvrir, mais qui m’a donné l’impression que la planète elle-même me racontait son histoire. J’ai aimé la retrouver entre chaque partie : elle fait non seulement office de fil conducteur, mais elle permet également de tirer une conclusion sur l’ensemble du livre.
Lum’en est à la recherche d’échanges avec une civilisation (parce que bon, elle est  en contact avec des verres qui lui rendent bien service, mais niveau conversation… ^^), Et elle prend donc l’arrivée des hommes sur Garance comme une sacrée aubaine. Elle détient d’ailleurs des réponses qui intéresseraient certainement les colons, mais prendront-ils le temps d’observer, d’écouter suffisamment pour déceler sa présence ?
À travers elle, nous suivons la colonisation de Garance, de ses débuts à sa fin, à travers six histoires qui en marquent les étapes. Je pensais plonger dans un récit qui s’arrêterait, au moins au commencement, sur les joies de l’exploration d’une nouvelle planète, avec sa faune et sa flore mystérieuse. L’auteur a fait le choix de ne pas s’attarder sur cet aspect (du tout) et je reconnais que malgré le bon moment de lecture que j’ai passé avec Lum’en, ce côté-là m’a manqué ; c’est sans doute en partie pourquoi j’ai adoré qu’il laisse un peu la parole aux pilas. Bon, on sent quand même les espoirs coloniaux des nouveaux arrivants, au moins au début, mais, d’après-vous, qu’arriveraient-ils si on laissait tout un groupe d’humain à la surface d’une planète qui ne leur est pas vraiment compatible ? En quoi croiraient-ils ? Comment surviraient-ils ? Comment est-ce qu’ils s’organiseraient ? Chercheraient-ils à s’adapter à leur nouvel environnement ? Où, au contraire, le détruiraient-ils sans vergogne pour le simple profit ? Capitalisme ? Manipulation ? Rébellion ? Attentats ? Heureusement aussi, peut-être, parfois, un peu plus de bienveillance. 😉

Normalement, je devrais vous parler des personnages, mais puisqu’ils diffèrent à chaque étape, je ne suis pas certaine que ça aurait beaucoup de sens. À part l’un d’entre eux qui s’offrira un petit clin d’œil appréciable au passage suivant, les personnages resteront tous cantonnés à leur histoire, ce qui, pour quelqu’un d’habitué à les suivre sur tout un récit, peut avoir un côté frustrant.  Je m’étais attaché à certains, j’en voulais plus ! 😥 ^^ Heureusement, et même s’ils n’auront droit qu’à une histoire en tant que héros principaux, les pilas, eux, seront toujours dans les parages. Les pilas ! Qu’est-ce que c’est qu’un pilas ? C’est une petite créature arboricole, mi-pieuvre, mi-araignée (ils ont des petites ventouses ❤ ^^) qui communique avec un système de couleur et qui possède une dose certaine de bienveillance, d’innocence (malheureusement pour eux), et un véritable potentiel en matière d’évolution ;). Inutile de préciser que les colons souffriront de la comparaison… Et qu’ils vont les tyranniser, en plus de, volontairement, les faire cataloguer au rang de simples animaux afin de pouvoir garder la mainmise sur leur planète. :/ Bon, pas tous, il y aura quand même quelques bonnes âmes pour leur tendre la main. 😉 Ces bonnes âmes sont d’ailleurs mes personnages préférés, avec les pilas. ^^

Bilan ? J’ai beaucoup aimé ce livre et le point de vue par lequel il nous est raconté. Il me manque le côté exploration, mais malgré des histoires courtes auxquels je ne suis pas accoutumée, j’ai su m’attacher aux différents personnages, et aux créatures natives de Garance. La conclusion m’a ravi, je l’ai trouvé non seulement logique, mais juste, belle aussi, tout simplement. Une chouette lecture !

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La Bulle d'Eleyna
Les lectures de Xapur
Lorhkan

Éternelle odyssée – A.F. LUNE

Ma dernière contribution pour le Primtemps de l’Imaginaire 2019. Mince, un livre de plus et j’atteignais le palier suivant. Bon… Je l’aurai l’an prochain ! 😉

« Harms Moyser est un soldat Lycaon engagé sur le Prétorien, vaisseau spatial amiral de la flotte humaine. Au cours d’une bataille contre les Enkidous, l’ennemi héréditaire de l’humanité, le vaisseau est happé par une tempête stellaire et doit se poser en catastrophe sur une planète inconnue. L’équipage y découvre des hommes, au stade de civilisation antique, qui les prennent pour des dieux. Et si ces derniers n’avaient pas tort ?
Un texte unique, au carrefour entre Planet Opera et Tragédie grecque, véritable relecture des mythes antiques où dieux et hommes sont les jouets d’un Destin implacable.
« 

Arrêtons-nous tout de suite sur la couverture. Pourquoi ? Parce qu’elle est tout simplement magnifique ! J Quand je l’ai vue passée, je suis immédiatement tombée sous le charme et j’ai tout arrêté pour l’admirer. Les couleurs sont belles, les personnages autant, ça donne envie de tourner la page. Tout indique pourtant un voyage spatial et ça faisait bien longtemps que je n’avais pas donné dans la science-fiction… (en fait, la dernière fois, le genre Planet-Opéra ne devait même pas exister… Oui, je pars de loin…) La présence de la petite fille m’a intriguée : d’apparence si fragile dans les bras de ce guerrier de l’espace armés et sérieux, elle offre un sacré contraste. Surtout qu’avec la ravissante boule lumineuse en arrière-plan, on devine que la situation n’est pas de tout repos. Promesse d’un peu de douceur dans un monde de brute ? Une très jolie illustration qui, en plus, colle très bien à l’histoire.
Le résumé m’a un peu moins emballé. Il est juste et je n’en doute pas, efficace sur nombre de lecteurs, mais il m’a manqué un petit quelque chose et sans l’illustration et la chronique d’une certaine Eleyna, je serais passé à côté (ce qui aurait été fort dommage). L’accroche est pourtant là, alors, j’en déduirais simplement que c’est une question de goût, et que je me suis sûrement aussi trop habituée aux résumés de fantasy. 😉 Surtout qu’après lecture, je suis tout à fait d’accord avec la maison d’édition et partage pleinement son enthousiasme. 😉

La narration au présent m’a un peu déstabilisé, il faut dire que c’était une grande première. Un poil étrange, mais je m’y suis très bien accoutumé. Ça m’a donné une impression de vitesse, d’urgence et de réalité, surtout dans les scènes d’actions. J’ai trouvé que ça convenait vraiment très bien à l’histoire.
En revanche, je dois l’avouer, j’ai eu plus de mal avec les petites introductions de chapitres. Ce sont des passages de livres sur la mythologie grecque (la maison d’édition donne un gros indice.) Mais… je ne devais tout simplement pas maîtriser assez le sujet pour en tirer grand-chose. En gros je n’ai rien compris. : /(cache son visage rougissant dans la première dune disponible. ^^) Pour ma défense (quand même) il faut reconnaître que de prime abord, le lien avec l’histoire n’est pas forcément évident… Nous arrivons au beau milieu d’un conflit qui oppose des Enkidous (genre de gros lézards) à des Lycaons (une version plus évoluée de nous) et des Hommes-Vrais (nos descendants qui, à l’abri dans l’espace, ont échappés aux changements induits par notre bonne vieille terre). Que viennent faire ces dieux ici ? Heureusement, j’ai fini par trouver, je dirais même qu’au fil des chapitres, c’est devenu de plus en plus évident. Pas besoin de s’y connaître en mythologie pour comprendre et apprécier l’histoire, donc. (À mon avis ces petits extraits sont surtout là pour préparer le terrain… 😉 )
Je suis passé par plusieurs stades au cours de ma lecture. Pendant la grosse première partie du livre, j’ai dévoré les pages ! La faute au présent, à un récit entraînant, et à un personnage attachant. Et puis… l’histoire a pris un tournant auquel je ne m’attendais pas… du tout. Redéstabilisation ! ^^, Mais qu’est-ce qui se passe ? Mince… J’ai eu l’impression de partir à la dérive et j’étais assez inquiète. J’ai fait une pause de plusieurs jours, mais j’étais trop intriguée pour en rester là. Les questions tournaient dans ma tête, je me demandais ce qui allait se passer, comment ça allait évoluer, ce que l’auteur chercher à faire. J’ai donc replongé, d’un peu plus loin certes, parce que j’ai besoin d’un personnage à qui m’accrocher et que monsieur Harms avait quelque peu perdu sa ligne de conduite lui aussi. Tout s’explique, mais c’est le genre de choses qui, vraiment, peut me perdre, et aurait dû me perdre, d’ailleurs. Un genre d’instinct m’a peut-être soufflé que les explications viendraient, l’instinct, où un auteur qui a su cacher des indices… Et j’ai bien fait de m’obstiner ! J’ai dévoré la fin (je suis cohérente ^^) et j’aime vraiment beaucoup ce qui s’y passe. On frôle le génie ! Si je n’avais pas été assise, j’en serais tombée sur le derrière ! Tout s’imbrique ! C’est une roue, une immense roue où la suite pourrait aussi être… Non, mais je ne vais pas tout vous dire, non plus ! ^^ Juste que j’ai vraiment beaucoup aimé et que je trouve très amusant qu’un livre au présent joue autant avec le temps.

Venons-en aux personnages. Se remet la tête dans le sable : il y en a tout un vaisseau. Plusieurs… 😥 Du coup, histoire de ne pas trop en dévoiler non plus, je vais m’arrêter aux principaux, vraiment, vraiment principaux ? ^^
Notre narrateur est Harms Moiser, c’est le monsieur sur la couverture 😉 Ou plutôt, notre narrateur est le futur Harms Moiser qui nous montre son passé au présent. (Oui, ça m’amuse ^^) L’avantage, c’est que ça lui permet quelques sauts temporels qui nous évitent… Les événements qu’il n’y aurait pas grand intérêt à lire. 😉 Harms est un Lycaon, et comme tous les Lycaons, il est plus fort, plus jaune, plus grand… Ah ben non, pas de chance, lui c’est un nain… (un nain jaune ? :O) d’un mètre quatre-vingt-huit ! (ça fait quand même du beau nabot…) J’ai aimé le contraste qu’offrait ce personnage entre son côté soldat et son côté humain. Il est plus que ce jeune tacticien froid et obéissant qui monte en grade, et c’est tant mieux. Pourtant, paradoxalement, c’est bien cette humanité qui me l’à faire perdre un moment, en même temps qu’il se perdait lui-même, mais pour mieux le retrouver ensuite.
Harmonie devient en quelque sorte la seconde de Harms, et il tombe éperdument amoureux d’elle (la barbe ! ^^). Elle est certainement le personnage que j’ai le moins apprécié, mais je ne suis pas fan des coups de foudre, en général. :/ C’est fou comme les hommes, une fois amoureux, replongent en plein dans les travers de l’adolescence ! (soupir). J’ai bien plus apprécié le personnage d’Angelia (devinez qui c’est sur la couverture ;)). Elle apporte une bonne dose de douceur et de sentiments qui m’aurait manqué autrement et j’aime beaucoup la relation qu’elle noue avec Harms.
J’ai beaucoup apprécié Kesko aussi, pour le côté paternaliste sûrement, et aussi pour sa souplesse en matière de hiérarchie sur la fin. Je redoutais des retombées, mais je suis finalement heureuse qu’il n’en soit rien. Il y a vraiment beaucoup de personnages, j’ai apprécié la plupart des rencontres, sauf au moment de la perdition générale, et j’étais très heureuse de les retrouver ensuite. Mention spéciale pour les petits jeux sur les noms et prénoms. Ça m’a beaucoup amusé et j’avoue avoir cherché longtemps pour Harms, jusqu’à ce qu’une erreur de prononciation me donne la réponse. 😉

Bilan : Une histoire rudement bien ficelée sur le destin et le temps, sur les dieux et la place des hommes. Un super moment de magie quand tout se rejoint ! Je relierai Éternelle Odyssée avec un réel plaisir, afin de dénicher tout ce que j’aurais pu louper en première lecture… 😉 Bravo !

D’autres avis ?

Mers mortes – Aurélie WELLENSTEIN

Quatrième lecture pour le Primtemps de l’Imaginaire. Un autre Aurélie Wellenstein. Dès que je l’ai vu, je lui ai sauté dessus ! ^^ Il a tenté de s’enfuir, en vain le malheureux.

« Mers et océans ont disparu. L’eau s’est évaporée, tous les animaux marins sont morts. Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines… arrachent l’âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l’humanité, peuvent les détruire.
Oural est l’un d’eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu’il protège depuis la catastrophe. Jusqu’au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme. Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes… De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l’objectif de ce dangereux périple.
Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?« 

Cette seule phrase : « Mers et océans ont disparu » aura suffi pour éveiller ma curiosité ; les marrée fantômes, les spectres d’animaux marins ont fini de me convaincre, et en plus on parle d’un ennemi qui, peut-être, serait capable de sauver le monde. Rien à dire j’embarque ! Ce résumé plutôt efficace (sur moi, en tout cas) est fidèle à l’histoire. Il en serait presque parfait, presque… Léger détail : Oural ne protégeait pas vraiment le bastion depuis la catastrophe, mais plutôt depuis le plein éveil de ses pouvoirs.
L’illustration m’a un peu rappelé « Le dieu oiseau ». On reste dans les tons sombres, le gris et le noir. J’aime bien, même si ça n’inspire pas forcément confiance. ^^ Il faut dire que le seul élément coloré, le mignon petit dauphin, ne respire pas la sainteté. Un truc fantomatique en volutes de vert et de noir… Bof. Je ne sais pas vous, mais si j’en croise un comme ça en me baignant, je m’empresse de regagner le rivage ! ^^ Ça m’a rappelé la matière toute glauque qui s’échappe de la bouche des possédés dans « Outcast », et du coup c’est bien joué.

Mon avis sur ce livre ne différera pas beaucoup du précédent, et cette fois, c’est obligé, je vais vraiment suivre cette auteure. Je l’ai lu en… trois jours. C’est terriblement immersif ! Impossible de le lâcher et lorsque j’ai dû me résoudre à le faire : je ne pensais qu’à ça ! Du coup, pas le choix, pour me libérer, le finir était la seule solution. J’en aurais presque regretté d’avoir une vie sociale, de fêter mon anniversaire en plein milieu, et d’avoir besoin d’un minimum de sommeil.
L’univers est moins sombre que celui du dieu oiseau, l’ambiance moins lourde, et pourtant… pourtant l’auteure touche à notre propre culpabilité (même si je suis totalement incapable de tuer ne serait-ce qu’une sardine). Les humains souffrent, les humains meurent, mais c’est de leur faute : c’est de notre faute. Car oui, là où ça devient vraiment bouleversant, c’est quand la fiction rejoint la réalité. Nous commettons les mêmes crimes, ça existe pour de vrai, et le livre ne nous épargne rien. Les pertes humaines m’ont attristé, mais à côté des massacres de requins, de familles de dauphins, de baleines, d’otaries… Disons qu’on pardonne sans trop de soucis la vengeance de ces esprits en colère. C’est d’autant plus cruel que ce sont eux, qui nous racontent leurs calvaires passés.
Pourtant, au début, j’avoue m’être fait piéger ; emprisonnée au même titre qu’Oural dans le cocon protecteur, mensonger et étriqué que les habitants du bastion avaient volontairement créé autour de leur précieux sauveur. Je n’avais vu, dans ces spectres d’animaux marins, que de simples apparitions destructrices dénuées de sentiments. Je suis heureuse qu’on m’ait détrompé, surtout que ces esprits sont plutôt bien exploités et ne s’arrêtent pas au vol d’âmes. On a la joie (ou pas ^^) de rencontrer quelques charmantes créatures, plus ou moins humaines, plus ou moins animales, plus ou moins… vivantes… ^^

Aurélie Welleinstein a un véritable talent. J’aime beaucoup ses personnages : ils sont réels, ils sont justes, je prends beaucoup de plaisir à les lire et à les voir évoluer, que ce soit les principaux ou les secondaires dont on découvre l’histoire petit à petit. Elle se sert d’ailleurs judicieusement des membres d’équipages pour nous narrer les lendemains de la catastrophe, l’évolution et l’organisation de l’humanité juste après la disparition des océans et de leurs habitants (le récit a lieu quelques années plus tard).
J’ai beaucoup aimé Oural, dès les premières lignes, après tout, nous partageons le même syndrome du sauveur… ^^ J’adore l’ironie qui entoure ce personnage ! On part avec un héros libre, respecté, presque vénéré, mais pourtant prisonnier. C’est en croyant perdre (à juste raison) sa liberté, qu’il apprend réellement à s’en saisir. Mais il n’y arrive pas d’un seul coup : il se trompe, il le comprend, et a le courage de faire demi-tour. On ne pouvait pas me faire plus plaisir ! Je l’ai pourtant pas mal sous-estimé au tout début, la faute de sa garde du corps, je pense, qui le couvait de très près (de très très près… ^^). Elle me l’a fait imaginer comme une petite chose fragile, mais il prend très vite les choses en mains et n’hésite pas à se battre pour les siens. Bon, après, il est nul en bagarre, il est nul en bagarre, ça arrive… ^^ Mais on ne lui enlèvera ni son courage ni sa détermination. Il se montre intelligent, il apprend à ranger sa fierté, à se remettre en question, mais pas à regarder ou il marche ! ^^ Bref, je l’aime beaucoup, lui et son évolution.
Trellia, c’est la jolie petite delphine nécrosée. ^^ Et en fait (attention, spoil !) elle n’est pas du tout maléfique. (Mais il vaut quand même mieux faire partit de ses amis…. ^^) Trellia est un fantôme, mais malgré ce que lui a fait subir l’homme, par amitié pour un garçon qui ressemblait à Oural, elle a choisi de lui venir en aide, quitte à se retourner contre les siens. Je vous mets au défi de ne pas l’aimer, elle et ses chorégraphies. ^^ Bon, elle est un poil jalouse par contre : personne n’est parfait !
Je ne vais pas parler de tous les personnages, car il y en a quelques-uns, mais je suis obligée d’évoquer Bengale. C’est le « méchant » capitaine du bateau fantôme qui enlève Oural pour se servir de son pouvoir. Charismatique et sûr de lui, il apparaît d’abord comme quelqu’un de cruel, mais il ne faut pas se fier à la première image. Certes, il est prêt à tout (ou presque), pour arriver à ses fins, mais il a un réel objectif et quand on sait le monde condamné à courte échéance, on a déjà bien plus envie de lui faire confiance. Bengale est un personnage fort qui cache son lot de secret. Il se sert des autres, il les domine ouvertement, il tue même ! Et pourtant, son équipage le vénère, et pourtant, il nous montre qu’il n’a pas un cœur de pierre. J’aime beaucoup l’étrange duo qu’il forme avec Oural, cette lutte qui les fera tous les deux grandir et évoluer, entre amour, fascination, peur et opposition.

Bilan ? Eh bien je crois pouvoir dire que j’ai adoré ce livre, encore plus que « Le dieu oiseau ». Ma seule interrogation sera pour la fin. Il restera une grande âme sur cette plage, et je ne comprends pas pourquoi elle n’a pas suivi le même chemin que les autres. J’ai néanmoins assisté à une très jolie conclusion. Un livre qui fait réfléchir. 
Alors, vous montez à bord ? Attention par contre ! N’embarquez pas si vous avez le mal de mer parce que bon, pour voyager sur des marées fantômes avec des centaines de créatures marines qui n’attendent que la première faiblesse de votre exorciste pour vous sucer votre âme… Il faut quand même avoir le cœur bien accroché ! ^^

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La Maison qui glissait – Jean-Pierre ANDREVON

Quelle étrange trouvaille… Ce livre est passé devant moi à l’improviste et m’a intrigué. Je n’ai pas su résister ! Il s’agissait de ma troisième lecture pour le Primtemps de l’imaginaire. 😉

« Un immense fracas réveille Pierre. Le jour pointe, la chaleur est déjà étouffante dans l’appartement minuscule du 13e étage de sa tour de banlieue. Stupéfait, il découvre un panorama insolite en regardant par la fenêtre. Un brouillard poisseux bouche l’horizon, c’est à peine si Pierre distingue l’immeuble d’en face. Le brouillard, avec une telle canicule ? Ainsi débute le cauchemar pour tous les résidents de cette barre HLM soudain coupée du monde, une réclusion forcée qui va contraindre les habitants à s’organiser pour faire face à l’indicible et révéler la vraie nature de chacun. Car le pire n’est peut-être pas dans la brume… « 

Je commence par quoi, déjà, d’habitude ? Ah oui ! La couverture ! ^^ Elle est étrange, non ? Il y a comme des immeubles modernes perdu dans un décor… Pas moderne du tout ! Mais c’est quoi ce truc ? La brume fait vraiment irréelle et surtout, j’ai eu l’impression qu’elle cachait des réponses. Ce qui correspond très bien au livre et au fil de la lecture, on comprend le choix de l’illustration. Et pourtant… Je n’aurais peut-être pas retenu ce décor-là. J’aurais gardé les immeubles la brume, mais à titre personnel, j’ai trouvé que le reste n’était pas le « fond » le plus révélateur. Sans doute parce que ça m’a évoqué (allez savoir pourquoi) un paysage du moyen-âge et que du coup, là, ça ne va pas avec l’histoire. Cela dit, c’est très subjectif et j’aime tout de même cette jolie couverture.
Le résumé m’a intrigué, comme la couverture, comme le roman au grand complet, en fait. ^^ J’avais un peu peur de perdre une bonne part du mystère en court de route, et donc, de mon intérêt. Mais non, pas du tout, au contraire.

Le prologue m’a surprise, et séduite. Il est étonnant, pourtant ! Parce qu’il ne parle… que de l’immeuble. Si, si, je vous assure. On en connaîtra tout ou presque, ce qui est un peu déroutant, assez drôle (de mon point de vue), et aura toute son importance. Il commençait à être long, je le reconnais (parce que bon, l’histoire m’intriguait et je voulais la lire…) mais le prologue a pris fin juste après ce moment-là, donc, pas de problème pour moi.
Le premier chapitre m’a un peu dérouté lui aussi, mais cette fois, parce que j’ai eu des doutes sur l’âge du personnage principal. Il parle du lycée, mais semble adulte ? Heureusement, on apprend assez vite qu’il est professeur : ouf ! Du coup, pas de moyen-âge, un « héros » adulte plutôt ordinaire, et du brouillard… Mais ? Mais ? Où suis-je ? Qu’est-ce qu’il va se passer ? Ces questions ne m’ont pas quitté. À noter que c’est un récit avec de nombreux points de vue, même si Pierre se démarque : il est un peu l’ancrage, tous les jours commencent par lui.
Car oui, le livre se découpe en jours, tout en alternant les points de vue des personnages. Le « relais » est parfaitement identifiable : à chaque changement, le nom est indiqué, et je dois dire que même moi, j’ai réussi à n’oublier personne en cour de route (ce qui n’est jamais gagné d’avance, loin de là…). Le premier jour a un peu traîné en longueur, il est vrai, mais l’intrigue était suffisante pour que je m’accroche, et je ne le regrette pas. Passer cette première étape obligatoire, tout s’accélère et… impossible de lâcher l’ouvrage. Au lieu de se lever, le mystère s’approfondit.
L’ambiance est lourde, inquiétante. Sous fond tamisé de jaune, sous une chaleur étouffante, dans une gangue de… Brume ? ^^ À couper au couteau et où rodent des choses, qu’on ne voit pas, mais que ne donnent absolument pas envie de faire des rencontres, surtout au vu des cris de ceux qui ont tenté la traversée… C’est louche, louche et dangereux, menaçant. On ne sait pas ce qui se passe et les théories des personnages, qui cherchent eux aussi à comprendre (forcément) tombent rapidement pour nous plonger un peu plus dans l’interrogation. On attend que le voile se lève, mais quand il le fait enfin… Ben c’est encore pire. ^^ Je parle des animaux de compagnie qui triple, quadruple de volume ? Des disparations justes comme ça : pouf, sans laisser de trace ? Des bruits de succion derrière les portes ? De l’appartement repeint en rouge ? De l’immeuble qui s’enfonce, sinon ce ne serait pas drôle ? Des insectes ? Des montres, des… ? ^^ Tous les jours, le décor change, et toujours pour le pire. À ne pas lire avant de dormir ! ^^

Bilan ? Je vais encore faire des cauchemars ! Mais je ne regrette pas. ^^ Par contre, il y a quand même quelques fautes, que même moi, j’ai pu remarquer. Des erreurs au niveau des noms des personnages, des âges…

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La mémoire de Babel – Christelle DABOS (La Passe-Miroir Tome 3)

La mémoire de Babel de Christelle Dabos est une proie particulière puisque, s’il s’agissait de ma deuxième lecture pour le Primtemps de l’Imaginaire, c’est aussi le troisième volet de la Passe-Miroir et… Je n’ai pas chroniqué les deux premiers. (Bravo ^^) Je le ferai, sans doute dès que la suite viendra faire un tour du côté de mon désert, dès que j’arriverai à l’attraper et surtout, quand j’aurais tout relu depuis le début. (pour mon plus grand plaisir :D)

« Deux ans et sept mois qu’Ophélie se morfond sur son arche d’Anima. Aujourd’hui il lui faut agir, exploiter ce qu’elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d’informations divulguées par Dieu. Sous une fausse identité, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d’adversaires toujours plus redoutables ? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn ? »

Fidèle aux précédentes, la couverture dévoile le lieu principal de l’histoire : le mémorial de Babel, ancienne école des esprits de famille, rien que ça ! Mine de rien, ce mémorial est une tour, « la tour de Babel »… Ça me rappelle comme un petit quelque chose… En plus elle penche.
Le résumé ne m’a pas spécialement emballé, surtout le mot « morfond ». Lui, il m’a même refroidi et la suite ne m’a pas rassuré. Mais bon, un résumé ne fait pas un livre alors j’ai haussé les épaules, et j’ai tourné la page. Pourtant, les « adversaires toujours plus redoutables »… Bref !

Dans l’édition Folio on nous avait une nouvelle fois donné le premier chapitre du roman dans le précédent (ce que je trouve cruel, car ça nous met terriblement l’eau à la bouche), donc, je savais déjà que miss Ophélie s’était retrouvée coincée sur son arche natale pendant un bon bout de temps. Mais comme on venait la chercher à la fin du chapitre, je ne m’étais pas attardée sur cette situation. Pourtant, que notre héroïne passe plus de deux ans sans presque rien faire… Au final, ça me chagrine un peu, d’où ma réaction au mot « morfond ». Je comprends qu’elle n’ait pas pu reprendre son activité de gardienne de musée, mais après tout ce qu’elle avait traversé, je l’aurais imaginé moins passive. On parle quand même d’une jeune femme qui a flirté avec le danger, voir la mort pendant deux livres, qui a tenu tête à un esprit de famille du genre très instable, a dû gérer un changement de vie pour le moins brutal, … Et qui ne s’en était pas trop mal sorti. De plus, si sa relation avec Thorn avait pas mal évolué, je ne m’attendais pas non plus à ce qu’elle se retrouve si démunie en son absence. Cela m’a donné l’impression de revoir l’héroïne du tout début, comme si ses épreuves ne lui avaient finalement pas appris tant que ça. Une petite pointe de déception, donc, surtout que cette impression se prolonge bien au-delà du premier chapitre…
De manière globale, j’ai moins apprécié ce tome que les précédents. Cette nouvelle arche était pourtant prometteuse et notre héroïne avait eu le temps de s’armer pour la suite. Mais une fois sur place, elle se retrouve aussi perdue que nous : dommage. J’ai eu l’impression de la voir subir les événements et même si je comprends parfaitement le délai nécessaire à l’avancée de son enquête, elle m’a semblé longue… La passe-miroir n’a jamais été un livre au rythme soutenu, mais il y avait toujours cette menace sous-jacente que j’ai trouvée atténué, plus lointaine ou mineure ici

Mon problème vient peut-être aussi des personnages secondaires. Il y en a de nouveaux, tout aussi bien construits, mais j’ai passé deux livres à découvrir les précédents, je me suis attaché à eux et leurs propres intrigues se mêlaient de plus près à celles d’Ophélie. Je me suis sentie orpheline par leur absence brutale, les nouveaux venus n’ont pas réussi à me faire oublier Roseline, Bérénilde, Archibald, Renard, Gaëlle… Heureusement, la jeune Victoire était là pour nous ramener de temps en temps auprès d’eux. Ah ! Victoire ! En voilà une petite fille qui m’intrigue ! ^^
Heureusement aussi, Thorn finit par réapparaître. Tardivement, mais fidèle à lui-même. Ça veut dire qu’on l’attend depuis une plombe et qu’il nous refroidit la joie des retrouvailles en un seul regard ! C’est tout le Pôle qu’il a dans les yeux, ce monsieur-là ! Le pôle nord, j’entends. ^^ Notre stalactite préférée relance l’allure normale de la passe-miroir et remet notre héroïne sur les rails : merci ! Enfin, j’ai quand même eu une poussée de violence envers Ophélie après son retour, parce que bon, qu’elle ne comprenne pas la question de son mari une première fois, ok, mais la deuxième…

Bilan plutôt mitigé, donc, mais j’attends quand même le prochain départ avec impatience. ^^ On a appris pas mal de choses, mine de rien… (lisez, je ne parlerais pas ^^)J’ai particulièrement apprécié le nom de dieu et ce qui s’y rattache ; j’ai beaucoup aimé l’entrée en matière de la jeune Victoire ; j’ai envie d’en savoir plus sur les personnages, sur dieu, les esprits de famille et ce mystérieux « autre » ! Et puis on me promet un duo de choc en plus ! La passe-miroir a un univers riche et travaillé, je bave d’avance en imaginant tout se révéler enfin ; je ne doute pas d’assister bientôt à la mise en place des ultimes pièces du puzzle, ni du fait qu’elles s’imbriqueront parfaitement. Mais pourquoi j’ai commencé à lire avant que le dernier livre ne soit sorti ? ^^

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Le dieu oiseau – Aurélie WELLENSTEIN

Le dieu oiseau est le premier livre que j’ai attrapé alors qu’il volait, en toute innocence, (enfin…) bien trop prêt de ma caverne. C’était aussi ma première lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire. 🙂

« Une îles. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l’île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d’orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires.
Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses.Enfin, la nouvelle compétition est sur le point de commencer.

L’occasion pour Faolan de prendre sa revanche.
Sa vengeance aura-t-elle le goût du sang ? »

Je ne vous dirai pas que le résumé m’a intrigué, qu’il m’a poussé à tourner la première page, car en vérité, je dois l’avouer, je ne l’ai lu qu’ensuite (concours de circonstances…). En revanche, la couverture a attiré mon attention, surtout parce qu’elle volait dans un groupe de livres jeunesse et que l’ouvrage ne me paraissait pas à sa place (je confirme).
Elle est sombre, n’est-ce pas ? Cet homme a l’air au bout du rouleau, est-ce une mare de sang à ses pieds ? Et ces oiseaux ? Ils semblent lui sortir du corps… Tout indiquait que cette lecture n’était pas faite pour moi, âme trop sensible, et pourtant, je l’ai ouvert, et même si je risque de faire quelques cauchemars, je ne le regrette pas. Je peux le dire, à présent : l’illustration sied à merveille à son ouvrage, et avec la quatrième de couverture, j’aurais su avec certitude où je mettais les pattes. Du coup, je ne vais pas résumer le l’histoire, c’est déjà très bien fait et il faut garder du mystère. 😉

J’ai senti dès la première page que c’était le genre de récit, qu’étrangement, je pourrais dévorer. Un je ne sais quoi dans la plume, simple pourtant, mais efficace, vraie, sans jolies tournures de phrases inutiles. Je n’aime pas les histoires de vengeance, mais Faolan m’a intrigué, irait-il jusqu’au bout ? Comment « survivre », après avoir vécu ce genre de choses ? Quel est donc ce monde où de telles barbaries peuvent avoir lieu ? Comment les gens supportent-ils ça ? Qu’est-ce qui a amené l’île à cette situation ?
Plusieurs fois, j’aurais eu l’occasion d’avorter ma lecture, mais le héros, son auteure ont sut me surprendre. Je me disais, il va forcément réussir (on sent la lectrice blasée d’avance ?) comment va-t-elle se débrouiller pour que ça semble crédible ? Est-ce que ça le sera, au moins ? Et à chaque fois, les choses ne se déroulaient pas comme je l’aurais cru. Oh ! Surprise ! 🙂
Le dénouement va plus loin encore, il remet tout l’ouvrage en lumière, lui donne un nouveau sens et pousse à la réflexion. J’aurais pourtant aimé en savoir un peu plus sur l’univers, notamment sur ces mystérieux étrangers, l’endroit d’où ils venaient, pourquoi ? Sur le devenir de l’île aussi, et du héros, mais j’ai passé un très bon moment, enfin… Disons que je l’ai lu en deux fois. ^^

J’ai encore du mal à mettre les mots sur ce que m’a fait vivre ce personnage. Faolan est loin du grand héros parfait qui sait tout faire. Il n’a même pas d’aptitude particulière : mal nourri, torturé, brisé, ce sont ses blessures qu’il change en armes. Le petit truc qui ne paye pas de mine, tout au fond ? C’est lui. Personne ne parierait dessus, mais il a l’habitude de la souffrance et une impressionnante rage de vivre. Bon, j’ai cru qu’il allait mal tourner, plusieurs fois… ^^ Il faut dire qu’on finit par se demander si ce qu’il voit est réel, ou s’il n’est pas complètement fou. Il n’est pas tout blanc, mais il est crédible, il a éveillé ma curiosité, et j’ai continué à galoper derrière lui sans pouvoir m’arrêter.
Torok ? Brr… Il a tout du monstre ignoble et assoiffé de sang. Le contraire de Faolan : grand, musclé, surentraîné, cruel, arrogant, un goût prononcé pour la torture, la violence, les menaces, la duperie (ça commence à faire…) Et pourtant, on doute quelques fois. Est-il aussi sombre qu’on veut nous le faire croire ? Oui, non, oui, non… Je cherche encore… Finalement, n’est-il pas juste une victime de plus ?

Bilan ? Un livre surprenant qui restera longtemps dans ma mémoire. J’ai du mal à le croire moi-même, mais je risque fort de suivre son auteure…

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